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| Le 14 juin 1895 eut lieu dans une salle de l'Union Chrétienne de Jeunes Gens de Paris du 14, rue de Trévise, la première séance du Groupe de Paris. Martel, Président d'honneur du Club Cévenol, estime "utile, étant donné nos idées de centralisation, de réunir à Paris des Cévenols actifs et s'intéressant à leur pays d'origine"1. Joseph Vallot, fondateur de l'observatoire du Mont-Blanc, fut nommé président par acclamation. |
| La mission assignée au Groupe de Paris était bien particulière et toute différente de celle des autres groupes : il devait devenir "un foyer puissant qui représenterait dignement (le Club) dans la capitale et sera l'intermédiaire indispensable de publicité à faire et de démarches à tenter"2. |
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(l) Bulletin première année n°1 du 15 juin 1895, p.16
(2) Bulletin première année n°3-4, p.43 |
Les débuts du Groupe de Paris furent éblouissants : groupe numériquement le plus important (près d'une centaine de membres sur les 350 que comptaient les 14 groupes du Club Cévenol), ses membres étaient d'une générosité et d'un dynamisme peu communs.
Lors de la conférence organisée le 18 janvier 1896 par le Groupe de Paris, 700 Cévenols de Paris se pressaient rue de Trévise pour entendre le Docteur Paul Raymond évoquer les Gorges de l'Ardèche et le député de la Lozère, Louis Jourdan, traiter des Légendes des Gorges du Tarn. |
| Le Groupe de Paris "tend de plus en plus à devenir dans la capitale un centre, un foyer cévenol" où "des hommes de toutes les parties de nos Cévennes sont venus là pour entendre parler du village natal, pour écouter ses légendes et son histoire, pour revoir dans telle projection le clocher bien connu ou la rivière dont ils croient entendre le doux murmure, et tous ont acquis la conviction, qu'à côté des monuments les plus imposants, au lieu des distractions et du confort de la grande cité, il y a quelque chose d'aussi curieux, d'aussi digne d'admiration, c'est ce coin des Cévennes dans lequel on est né et qu'on aime maintenant davantage, depuis que l'enthousiasme des étrangers nous en a fait connaître la beauté"3. |
| En septembre 1897, fut décidé le transfert du Comité Central "après une discussion sérieuse et animée. Florac tenait à sa prééminence et se la voyant enlever, il avait quelque peine à en prendre son parti, mais presque à l'unanimité, les délégués firent valoir que le Comité Central siégeant à Paris serait mieux placé pour donner aux groupes provinciaux une impulsion plus clairvoyante et plus désintéressée, planant au-dessus des rivalités de clocher. Le Groupe de Paris étant d'ailleurs le plus nombreux, il serait plus facile de choisir dans son sein la plus grande partie des membres chargés de la direction du Club"4. |
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(3) Rapport de Paul Amal. Bulletin deuxième année n°4, pp.61-62
(4) Bulletin quatrième année n°4, p.113 |
Comme le soulignera plusieurs années plus tard Paul Amal, "les événements prouvaient la sagesse de cette mesure qui allait augmenter l'importance du Groupe Parisien appelé à fournir au Club ses dirigeants"5.
Il est de fait que l'essentiel des membres du Comité Central sera longtemps parisien. Ainsi, de 1898 où le siège du Club Cévenol fut fixé au Musée Social, 5 rue Las Cases, jusqu'en 1977, moment où les idées de décentralisation conduisirent au transfert du siège à Alès, la direction du Club Cévenol fut essentiellement parisienne.
Pourtant, le Groupe de Paris, qui se maintint quantitativement jusqu'à la première guerre mondiale, s'endormit quelque peu.
A l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900, il avait été décidé que l'Assemblée Générale du Club Cévenol aurait lieu cette année-là à Paris. Bien que, pour Paul Amal, "l'insuccès de l'assemblée de Paris influerait gravement sur nos destinées et sur notre futur épanouissement"6, l'assemblée générale ne put se tenir à Paris car "un trop petit nombre de membres du Club Cévenol ayant demandé à assister à l'assemblée de Paris, il croit prudent d'y renoncer"7. |
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(5) Bulletin 31 année n°1- 2, p.l99
(6) Bulletin sixième année n°l, p.17
(7) Bulletin sixième année n°l, p.36 |
Après une période de somnolence, le Groupe sortit de sa léthargie et en 1925, le 30e Congrès put se tenir à Paris.
Le 21 mai 1925, après un dépôt de gerbe sur la tombe du Soldat Inconnu, la grande salle de conférences du Musée Social accueillit les nombreux congressistes. |
| Le Groupe de Paris, "parmi lesquels nous sommes heureux de voir quelques dames" avait bien fait les choses. Après l'Assemblée, eut lieu le banquet qui se clôtura par les mots de Monsieur de Chambrun, pour "remercier M. Gaston Doumergue de la bienveillante marque d'intérêt qu'il a donnée au Club Cévenol en consentant à le prendre sous son haut patronage... en levant son verre à la gloire de l'éminent Chef de l'État et à la prospérité de la petite patrie et du Club Cévenol"8. Après quoi, 600 personnes se pressèrent au concert et firent une ovation aux danseurs et à l'orchestre. |
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(8) Bulletin 31 année n°4, p.197 |
Après ce feu d'artifice, les activités du Groupe de Paris retombèrent.
Après la deuxième guerre mondiale, le Groupe de Paris disparut en tant que tel et les Cévenols parisiens furent invités aux conférences de "Pays Protestants" fondée en 1946 et animées par Pierre Poujol.
Malgré les désirs de Paul Amal, le Groupe de Paris n'avait plus la moindre activité. Il fallut attendre le 11 décembre 1972 pour qu'au Musée Social ait lieu l'assemblée générale constitutive de la "Section de Paris".
M. André de Rouville, Président d'honneur du Club Cévenol, M. Jean Schloesing, Président et Monsieur Robert Blanc, Vice-président, la portèrent sur les fonds baptismaux. Max Olivier Lacamp fut élu président et celui-ci allait animer cette section avec brio. |
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Forte de 230 membres, la Section de Paris fut chargée d'organiser le congrès du Club Cévenol le 31 août 1975 qui se tint à St-Hippolyte du Fort et Monoblet. Max Olivier Lacamp et le trésorier, Jean-René Arnal, firent des merveilles puisque "250 rationnaires" purent goûter au buffet campagnard dans le parc de la propriété où les accueillait Mme Olivier Lacamp. |
Depuis la disparition de Max Olivier Lacamp, la Section Parisienne du Club Cévenol, fidèle à son souvenir, s'est constituée en 1986 en association de la loi de 1901 dénommée "Les Cévennes à Paris".
Celle-ci réunit régulièrement ses membres pour des conférences ou des dîners-rencontres.
La Section de Paris fut chargée d'organiser le 89e Congrès les 15, 16 et 17 septembre 1989 qui se tint dans la bibliothèque de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français de la rue des Saints-Pères. Lors de la réception à l'Hôtel de Ville, les congressistes purent entendre Mme Frédérique Hébrard conter la venue à Paris de son père, André Chamson, et de sa mère, Lucie Mazauric : cette " montée" un jour à Paris que firent tant de Cévenols, qui rejoignaient ensuite les associations regroupant ceux du "pays" : ce fut le vivier du Groupe de Paris. |
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Aujourd'hui les membres des "Cévennes à Paris", qui veulent sauvegarder et défendre le patrimoine naturel et culturel des Cévennes et des Causses, agissent en ce sens selon leurs moyens. Lieu d'information et d'échanges, la Section Parisienne a du travail pour l'avenir. |
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