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Compte-rendu du 111e Congrès du Club Cévenol
à Barre-des-Cévennes |
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L’Assemblée Générale du 111e Congrès du Club Cévenol s’est tenue le samedi 27 août dans la Salle Polyvalente de Barre-des-Cévennes en présence de M. Henri Couderc, président de la Communauté de Communes Tarnon–Mimente, et de M. Marcel Poudevigne, maire de Saint-Privat-de-Vallongue.
Outre l’ancien président du Club Cévenol, Maître Jean-Hugues Carbonnier, étaient aussi présents M. Hubert Pfister, président de la Communauté des Communes de la Cévenne des Hauts Gardons, et M. Jean-René Arnal, petit-neveu de Paul Arnal, fondateur de l’association plus que centenaire.
Martin Trouchaud
Olivier Gauch
François Rouveyrol
Patrick Cabanel
Jean-Luc Bonniol
Photo. Gérard Dupuis
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Bienvenue et présentation de Barre
D’entrée, Patrick Cabanel, président du Club Cévenol, après avoir remercié les quatre-vingts personnes présentes et les personnalités, donne la parole au dynamique et jeune président de la section locale, François Rouveyrol.
En souhaitant à son tour la bienvenue aux participants, ce dernier, qui est aussi maire de la localité, rappelle que le dernier congrès du Club à Barre s’était déroulé il y a 30 ans et que c’est Florac qui aurait du être le lieu du congrès 2011, "lieu de naissance du Club Cévenol, à la fois la plus ancienne et la plus importante association cévenole et caussenarde encore aujourd’hui".
Et il insiste sur la place occupée par sa localité, étant "ici en résonnance et à la concomitance d’événements historiques, patrimoniaux, culturels et cultuels". Il fait allusion à l’inscription des Causses et des Cévennes au Patrimoine Mondial de l’UNESCO au titre de l’agro-pastoralisme, "un acte qui aura des conséquences positives par la fréquentation, mais il faudra beaucoup de patience pour expliquer à nos amis visiteurs que l’agro-pastoralisme ici, ce n’est physiquement que 5 % du territoire ! […] Comment oser affirmer que ces deux entités, les Causses et les Cévennes doivent leur unité à une culture patiemment élaborée au cours d’une histoire plurimillénaire : la culture agro-pastorale méditerranéenne ? L’AVEC (Association pour la Valorisation de l’Espace Causses et Cévennes) n’a pas considéré les Cévennes sous l’aspect d’un espace bâti à 95 % par la main de l’homme durant le dernier millénaire".
François Rouveyrol rend un vibrant hommage, "à ceux qui sont restés au Pays", aux artisans bâtisseurs en pierre sèche, aux bénévoles qui "œuvrent pour maintenir ce patrimoine unique du pays (ce formidable réseau de bancels, de faïsses, de traversiers, de béals, de tancats…), avec l’appui de plus en plus fréquent des collectivités locales". Il évoque ensuite les éléments qui avaient fait la richesse des Cévennes : l’arbre à pain qui "a permis la subsistance de tant de générations dans des conditions meilleures que partout ailleurs… la châtaigneraie connaissant aujourd’hui un regain d’activité par ses nombreuses potentialités en terme de fruits, de bois, d’aménagement paysager et de son corollaire, la préservation de la biodiversité".
Regrettant la non-reconnaissance du protestantisme par l’UNESCO, il met l’accent sur la notion de résistance, si importante en Cévennes dans le passé, dans "le combat pour la liberté de conscience et la liberté tout court". Résistance qui prend aujourd’hui de nouvelles formes "qui auraient pu réunir les Causses et les Cévennes selon les critères de l’UNESCO".
Faisant allusion aux "graves atteintes à l’environnement, qui mettent en péril l’humanité", il rend hommage au Club Cévenol et à Remi Noël (président de la Commission d’Action) d’avoir organisé un colloque sur le gaz de schiste.
Revenant à son propre village, il rappelle que cette année était inauguré le premier sentier des chemins de la liberté entre Barre et Le Pont-de-Montvert. Barre a été un important théâtre de la Guerre des Camisards et à l’origine de son déclenchement à travers le prisme de ses foires et, plus particulièrement, lors de celle de la Madeleine du 22 juillet 1702. Le 24 juillet, la guerre était déclenchée avec l’assassinat de l’Abbé du Chayla.
Remerciant pour son concours Henri Couderc, le président de la Communauté de Communes Tarnon-Mimente, et le Parc National des Cévennes, François Rouveyrol encourage vivement les participants à se procurer le livre Au pays des premiers camisards. Les Chemins de la Liberté.
Il parle ensuite de la rénovation et de l’aménagement de son bourg dans sa totalité, travaux qui devraient commencer au printemps 2012 et s’étaler sur les 5 ou 10 prochaines années, "Barre étant le seul village-rue du département de la Lozère à avoir su préserver son patrimoine Renaissance sur une longueur de cinq cents mètres ! […..] Aucune construction postérieure au XIXe siècle n’a pu heureusement s’y glisser : sur une superficie aussi vaste, c’est unique. D’où l’intérêt de l’Etat (Bâtiments de France, Fondation du Patrimoine, DRAC) pour accompagner les Barrois dans cette démarche de grande ampleur".
François Rouveyrol donne rendez-vous pour un nouveau congrès du Club Cévenol vers 2016 ou au-delà "afin de découvrir le nouveau visage de la commune dans son authenticité".

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Il remercie Roger Lagrave pour son ouvrage A Barre-des-Cévennes, la rue aux couleurs de la vie, un travail de qualité et d’amitié (voir présentation Causses & Cévennes n° 3.11) ; puis Patrick Roy, son premier adjoint, Maryke van Hemeldonck, député honoraire au Parlement Européen, pour la mise en valeur de la Place de l’Orient avec le nouvel emplacement de sa bibliothèque, Le Banc de l’Orient ; enfin, les membres de l’association Barre parallèle pour "leur travail très sérieux".
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Après avoir encouragé les participants à assister, à 18h30, à la lecture de textes du Journal d’Hélène Berr par la compagnie Eloquentia, sur le thème de la Shoah et la résistance, il se dit désolé de ne pas avoir pu recevoir les congressistes dans le temple de Barre, un des rares temples des Cévennes que l’on ne puisse visiter, du fait que sa porte demeure fermée en permanence. Il déclare à ce sujet "Il y a par endroits, chez les protestants, des poches d’intolérance, comme ici, où quelques personnes du bureau de l’association cultuelle Barre-Molézon ont, par écrit, refusé à deux reprises d’accueillir les artistes de ce soir. L’église (catholique) est ouverte tous les jours : il y passe un vrai vent de liberté et elle est respectée par tous les visiteurs. Merci aux catholiques barrois pour votre beau message d’ouverture.
A Barre cet été, des Aires jusqu’au stade, dans tous les lieux de vie, bien des projets ont été proposés. Seul le temple resta fermé, désespérément cadenassé, même pendant la Foire de la Madeleine, en plein lancement des “Chemins de la Liberté” ! Quelle situation ridicule. Elle nous dessert tous ! L’association suisse pour l’Histoire du Refuge Huguenot, qui a contribué à financer les travaux au temple et, aujourd’hui, les protestants évangéliques ne cautionnent pas cette posture ingérable de Barre-Molézon. La commune est prête à investir 200 000 euros pour réparer le temple, qui est en péril, à condition que celui-ci reste enfin ouvert et profite à tous".
Le président Cabanel présente les excuses du Sous-Préfet de Florac, qui aurait été heureux d’accueillir les membres du Club Cévenol, mais qui, en cette période d’élections sénatoriales,
doit respecter le devoir de réserve.
Puis il évoque à son tour la situation douloureuse du temple de Barre, avant de prendre la liberté d’émettre des réserves sur le classement de Causses et des Cévennes au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Il rappelle que le projet initial, dit "Cévennes" tout court, a été recalé. Les Caussenards l’ont pris en main ; il a été rejeté une deuxième fois dans sa forme "Cévennes et Causses". Le projet "Causses et Cévennes", autour du paysage caussenard, de l’agro-pastoralisme a été accepté à la troisième candidature. On aurait dû mettre en avant l’apport des Cévennes à la lutte européenne pour la liberté de conscience, ce que Robert Louis Stevenson appelait une note de bas de page dans l’histoire du monde.
Pour Patrick Cabanel, 2011 fut une année riche pour le Club Cévenol, sur le plan de la mémoire des années de la Seconde guerre mondiale et aussi dans la lutte contre l’exploitation du gaz de schiste. 2011, c’est le centenaire du Musée du Désert, la pose de trois plaques commémoratives dédiées à tous ceux qui, dans les villages cévenols, sauvèrent des juifs.
En 2012, une plaque sera apposée au Musée du Désert à l’occasion du 70e anniversaire de l’assemblée du 6 septembre 1942.
2011, ce fut encore le colloque d’Anduze sur Les nouvelles populations en Cévennes.
Deux passeurs de mémoire honorés
En offrant sa Médaille d’Honneur à Roger Lagrave et à Henry Mouysset, le Club Cévenol a voulu honorer deux passeurs de mémoire, deux Néo-Cévenols, deux instituteurs, qui ont mis en pratique la méthode Freinet, et deux défenseurs de l’histoire des Cévennes camisardes. Patrick Cabanel commence sa présentation des deux récipiendaires de cette année en déclarant "J’ai eu deux maîtres : Philippe Joutard et Roger Lagrave. Tout ce que je sais sur les Cévennes, c’est à eux que je le dois"
Roger Lagrave est né à Brusque, en Aveyron, dans une famille protestante. Il a été normalien à Mende en 1940, puis a enseigné à Alger et à El Oued dans le Sahara. Instituteur, il a contribué à la fondation de l’université de Yaoundé au Cameroun, au lendemain de la décolonisation, puis a enseigné au Sénégal, à Dakar. Il a créé à Paris le Centre Africain et a participé à la rédaction de manuels scolaires pour ces jeunes États africains. En Lozère, il a travaillé au Parc National des Cévennes et a créé l’association de randonnées et de culture Drailles, "un pont entre les Néos (les hippies) et les anciens Cévenols".
Auteur de nombreux ouvrages de contes et d’histoire, "c’est un passeur de l’histoire des Cévennes et un passeur de culture", une mémoire vivante de notre région cévenole.
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| Patrick Cabanel remet la Médaille d’Honneur à Roger Lagrave. Photo Pierre Valette |
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Le président, en lui remettant la médaille du Club Cévenol, de lui dire "Merci, Roger, pour tout ce que tu as donné aux Cévennes".
Henry Mouysset est né à Carmaux, "bercé dans sa jeunesse par deux idoles : Jean Jaurès et le rugby (sport sur lequel il a écrit un livre consacré au joueur de rugby de Béziers, Henri Cabrol)". Membre de la Commission Culture et Education du Parc National des Cévennes et musicien, il a introduit la musique dans le monde scolaire de la Lozère (où il a été instituteur). Il a fondé le Musécole au sein du Parc du Gévaudan, à Sainte-Lucie, célèbre pour son organisation de certificats d’études destinés aux visiteurs volontaires, presque tous adultes !
Il a été le directeur de l’école de Barre-des-Cévennes de 1980 à 1984.
Auteur de l’ouvrage Les Premiers Camisards - juillet 1702, il a participé à la rédaction de Au pays des premiers camisards. Les chemins de la liberté, avec Odile Rival, Pierre Rolland et Daniel Travier. Il prépare actuellement un ouvrage sur la peste en Gévaudan, qui devrait paraître en 2012.

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Henry Mouysset remercie le Club Cévenol pour son témoignage d’amitié, et dédie sa médaille à son ami Alain Gas, qui nous a quittés récemment.
Il rappelle sa rencontre fortuite dans la rue de Barre-des-Cévennes avec l’ancien Ministre de la Culture Jack Lang, en compagnie de son ami Alain Gerbaud, le maire de l’époque, sur la terrasse du café de Madame Michel. Le Ministre aurait voulu que l’école de Barre soit associée à la réalisation d’un film sur Jean Cavalier, mais FR3 aurait refusé.
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Cependant, grâce à Jack Lang, les élèves ont pu disposer d’une journée au Château de Versailles, où ils ont pu filmer, habillés en costumes de l’époque. D’autres scènes ont été tournées aux Archives Nationales avec des documents d’origine de l’Edit de Nantes et sa révocation.
Pour terminer, Henry Mouysset joue un air de musique traditionnelle (Les Quatre Saisons, mais pas de Vivaldi !) sur son accordéon diatonique !
Les deux médaillés reçurent des mains du président du Club Cévenol Lieux de Mémoire des Cévennes, ouvrage écrit par Patrick Cabanel et illustré par Michel Verdier, paru en 2011 aux Editions Alcide, dont le président salue la présence dans la salle du fondateur-directeur, Yann Cruvellier.
Rapport moral de Jean-Luc Bonniol, vice-président du Club Cévenol
Le rapport moral se doit de relater les peines et les joies qui ont émaillé l’année : commençons donc par là…
Dans les disparitions, je voudrais évoquer d’abord celle de Jacques Cros- Saussol, des suites d’une longue maladie. Ancien professeur au Lycée de Millau, fondateur de l’Université Populaire du Sud-Rouergue, Jacques Cros-Saussol avait contribué, à sa manière, à la fois pointilliste et ouverte, à l’ouvrage Dire les Causses, pour lequel il avait proposé et introduit un grand nombre de textes. Il tenait une chronique bibliographique régulière dans Midi-Libre et Le Journal de Millau : il portait véritablement au plus haut la figure de l’érudit local…
Signalons aussi les décès de Numa Bastide, disparu en août dernier, et d’André Gaujac, disparu en septembre (notices dans le dernier numéro 2010 de Causses et Cévennes). Mentionnons également la disparition d’Alain Gas, photographe inspiré, décédé subitement en avril dernier ; il nous avait enchantés avec un certain nombre de publications sur les Causses et les Cévennes. Maire de Maruéjols-lès-Gardon, vice-président de la communauté de communes Autour de Lédignan, président de l’office de tourisme intercommunal de Vézénobres, il manifestait un engagement qui découlait directement de sa passion pour l’histoire et le patrimoine cévenols (il avait été notamment à l’origine de la célébration du tri-centenaire de la guerre des Camisards ; il occupait par ailleurs la fonction de vice-président de la Fédération Archéologie et Histoire du Gard).
Je ne voudrais pas omettre la remise de la Légion d’Honneur à notre ancien président, Jean-Hugues Carbonnier, le 19 mai dernier, dans les locaux de la Bibliothèque de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français…
Enfin, pour compléter le carnet du côté des bonheurs de la vie, j’évoquerai le mariage de Martin Trouchaud, secrétaire de notre Club, le 11 juin dernier, à Aire Séque, près de Colognac.
L’année qui vient de s’écouler a été largement placée sous le signe de la mémoire.
D’abord par la concrétisation d’une forte préoccupation pour la célébration de la mémoire de l’accueil des Juifs sous l’occupation, avec un numéro spécial de la revue (n° 1 de 2011).
La première plaque a été apposée à Vialas le 28 mai et une seconde le même jour à Saint-Germain-de-Calberte. Une troisième à Vébron ce 26 août… Est encore prévue l’apposition d’une plaque au Col du Mercou (pour les communes de Lasalle, Saumane, Soudorgues et L’Estréchure). La dernière plaque devra être apposée en 2012, pour commémorer le 70e anniversaire du sermon du pasteur Boegner au Désert.
Ensuite par des publications. En premier lieu avec la parution du livre Lieux de mémoire des Cévennes. Le texte est de la plume de Patrick Cabanel ; il est complété par les photographies de Michel Verdier. Cet ouvrage, placé sous le signe du partage et de l’ouverture au monde, est véritablement au cœur des missions du Club Cévenol et de la jeune maison d’édition nîmoise Alcide…
Signalons ensuite le livre de Karina Basset sur les origines du Parc, Aux origines du Parc des Cévennes, édité par le Parc (un compte rendu détaillé par Olivier Poujol est paru dans le numéro 2 de 2011 de Causses et Cévennes). Karine Basset met en évidence l’action de deux générations : les précurseurs au début du XXe siècle (déjà Martel avait émis l’idée d’un parc en 1913…), les fondateurs dans les années 50 et 60, avec l’émergence d’un désir local de parc (ce mouvement cévenol, selon une expression d’Olivier Poujol) et l’entrée de l’Etat sur la scène régionale, effective à partir de 1960, qui va porter le projet à son terme. Elle met l’accent sur la multiplicité des acteurs, sur l’importance des réseaux, notamment celui du Club Cévenol… Le parc, tel qu’il est créé, n’est pas l’aboutissement de l’idée d’Edouard Alfred Martel, qui le projetait aussi sur les terres calcaires des Causses, ce qui explique peut-être que Louis Balsan a été peu enclin à soutenir le projet, qui apparaît avant tout comme inspiré par deux initiatives centrées sur les seules Cévennes, l’une lozérienne autour de Charles Bieau, avoué à Florac (1956) et l’autre ardéchoise autour du Dr Richard aux Vans (Association Font Vive). Elle remarque, en ces temps de fondation, le primat des catholiques (avec une place particulière de la spiritualité du côté des Ardéchois…). L’opposition au futur parc se manifeste surtout dans les Cévennes protestantes, en particulier autour de l’Aigoual, sans doute du fait de la méfiance historique des huguenots cévenols vis-à-vis de l’Etat : il semble y avoir moins de réticences à Florac qu’à Meyrueis.
Lorsque le Parc est créé, le 2 septembre 1970, le Causse Méjan oriental est compris par la volonté de l’administration centrale dans son territoire, contrairement au projet de Bieau. Cette intégration ouvre le Parc des Cévennes à l’univers caussenard…
On peut remarquer, à cette époque, une grande différence dans les modes d’affectation de l’espace entre les Cévennes et les Causses. Au moment même où l’Etat dotait les Cévennes, et une petite partie des Causses, d’un parc national, il considérait le reste des Causses, et en particulier le Larzac, comme des déserts stériles bons à être transformés en camp militaire… Mais la résistance changea alors de lieu et se transporta du côté caussenard. C’est ce que nous rappelle le livre de Pierre-Marie Terral sur le Larzac, paru cette année aux Editions Privat : Larzac : de la lutte paysanne à l’altermondialisme. Préfacé par Rémi Pech, issu d’une thèse soutenue à Montpellier sous la direction de C. Amalvi, il relate l’histoire d’une résistance contre l’Etat, une résistance élargie en symbole, en référence universelle ; il analyse aussi une sédimentation de mémoires, qui interagit avec cette histoire, la nourrit tout en puisant en elle… On a donc là une histoire classique, menée à partir d’archives (recueillies avant tout auprès des acteurs de la lutte, les archives publiques restant inaccessibles…), mais aussi une histoire orale, qui va de la restitution des faits à l’analyse de cette sédimentation mémorielle, si présente dans le passage à de nouvelles luttes marquées par l’altermondialisme, la solidarité internationale et la figure de José Bové…
Le Larzac reste un symbole pérenne, encore actif dans les dernières manifestations contre le gaz de schiste… Une prochaine manifestation est prévue à Millau, le 21 octobre, pour commémorer le quarantième anniversaire du début de la lutte et le trentième anniversaire de la victoire finale, autour du thème : "le Larzac s’écrit…".
Lors de la visite de
Barre-des-Cévennes
le samedi après-midi.
Photo Gérard Dupuis
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Nous pouvons également nous louer, pour l’année qui vient de s’écouler, du haut niveau de notre revue, avec des comptes rendus très détaillés des Commissions d’Action : celle du 24 octobre sur la future Charte du Parc ; celle du 15 mai sur le gaz de schiste.
J’ai pris personnellement un plaisir particulier à la lecture d’un article d’Olivier Poujol, La source du Tarn, un non-site, où il évoque les sources du Tarn, comme on parle des sources du Nil… On y trouve l’écho des œuvres d’Elisée Reclus, de Martel, de Louis de Malafosse… C’est à la fois un guide pour le randonneur éclairé, mais aussi une réflexion sur la mutation des sensibilités, sur ce nouveau tropisme qui nous fait apprécier, selon son expression, une "géographie minuscule"…
Une bonne part de notre réflexion commune, dans laquelle les adhérents du Club se sont fortement impliqués, a porté sur le renouvellement de la Charte du Parc National.
La loi de 2006 sur les parcs nationaux exige en effet une plus grande implication des territoires sur lesquels les parcs sont implantés. Elle prévoit qu’en 2012 chaque commune doit librement choisir d’adhérer à une Charte partenariale (respecter un code de bonne conduite, manifester une solidarité écologique avec le Parc..) qui va engager le territoire pour la période 2013-2028. La zone centrale, désormais "cœur du parc" reste dans le cadre d’un dispositif contraignant, qui subit peu de modifications, mais la zone périphérique devient "aire d’adhésion", avec la volonté de laisser le choix aux acteurs, mais aussi le risque d’aboutir à un territoire "à trous"… Primer le ressort de la liberté sur l’objectif de cohérence semble toutefois la meilleure démarche possible… Ce ne fut pas une telle démarche qui inspira la délimitation autoritaire des régions au programme du début des années 1960, lorsque le centre de gravité du département de l’Aveyron, nettement au nord et à l’ouest, le fit irrémédiablement basculer du côté de Midi-Pyrénées, au grand dam des habitants du Sud-Aveyron, notamment de Millau et des Causses… Malgré les protestations de l’époque, rien n’y fit, et l’espace fut dès lors implacablement façonné. Ce qui, sans doute, borna les limites du Parc à l’ouest : il n’y eut aucune extension en Aveyron, alors qu’une exception était faite pour quelques communes de l’Ardèche…
Ce qui me frappe est la richesse du débat auquel cette réflexion a donné lieu ; il n’y a pas eu "foire d’empoigne" même si des contradictions sont apparues, qui pourraient être illustrées par les dilemmes suivants : bergeries modernes ou musée de résidents secondaires ? Clientèle fortunée qui respecte les prescriptions architecturales mais qui, non contente de déposséder les locaux, n’est présente que quelques jours sur l’année, ou bien présence de "néos" qui eux contribuent à maintenir le pays même s’ils oublient certains gestes et certaines traditions… Le questionnaire de la section de Lasalle, très intéressant, montre bien l’attachement à un territoire original, riche de ses paysages et de son identité culturelle forte, faite de résistance, de respect et de liberté. Ce qui relève toutefois d’un large consensus, c’est de préserver la nature, mais sans obérer le développement économique… Pratiquer une agriculture viable, maintenir les services, maîtriser l’urbanisme. Une réflexion sur les "valeurs", ces idées qui guident le jugement moral, en forme d’idéal supposé inspirer les conduites, reste peut-être encore à approfondir.
J’en viens maintenant à un nouveau "monstre" sorti cette année des entrailles de la terre : je veux parler du gaz de schiste…
Depuis le début du printemps le géant pétrolier français Total et le Texan Schuepbach sont libres d’explorer 9672 km² dans le Sud de la France.
Signés par Jean-Louis Borloo, deux permis exclusifs de recherche (Permis de Montélimar ; Permis de Nant) dessinent un gigantesque V encadrant le Parc des Cévennes. Encore novices dans l’exploitation des gaz de schistes, les groupes français ne peuvent se passer de partenaires américains, les seuls à maîtriser la technique clef d’extraction de ces nouvelles ressources...
Rappelons le principe de ce nouveau type d’exploitation. On ne va plus chercher les ressources dans les poches classiques (pétrole, gaz..), mais dans la roche mère : de là, la dénomination de "gaz de roche" ou "de schiste". Sont concernées les séries sédimentaires (notamment les marnes indurées improprement appelées schistes) à la périphérie ouest et est des Cévennes (rien à voir avec le vieux schiste cévenol, métamorphisé…), séries intercalées avec des formations calcaires qui constituent, comme des éponges, des réservoirs d’eau, alimentant sources et rivières. Le risque est que ces formations soient affectées par la fracturation de la roche. Les forages requis exigent une technique industrielle lourde : eau, sable, billes de céramique, produits chimiques divers ; les volumes d’eaux usées sont considérables et sont susceptibles de polluer gravement les aquifères avoisinants. Mais Total a tout prévu : en cas de nuisances, la notice d’impact donne aux habitants "la possibilité d’introduire un dossier auprès du Mécénat Total pour des actions patrimoniales ou culturelles". L’honneur est sauf !
La délivrance d’un permis de recherche est du droit régalien de l’Etat…L’Assemblée Nationale a certes délibéré le 12 mai, mais n’a fait que déplacer le problème. La fracturation reste permise pour la recherche. Et les arrêtés des maires contre la recherche du gaz de schiste peuvent être attaqués en nullité par les pétroliers en tribunal administratif. Une manifestation des opposants a eu lieu à Nant le 17 avril, rassemblant 8 000 personnes, où a revécu l’esprit du Larzac… Une motion a d’autre part été votée à l’issue de la Commission d’Action du 15 mai, impliquant un positionnement du Club sur ce problème, comme à l’époque du projet de barrage de la Borie.

| Le groupe de randonneurs
le dimanche.
Photo Pierre Valette |
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J’en viens maintenant au dernier événement de l’année, de taille : la toute récente inscription des Causses et Cévennes au Patrimoine Mondial, le 28 juin 2011, à Paris…
Il y a quelque chose d’étrange dans cette inscription… Déjà recalé deux fois, faute de "cohérence", le dossier ne semblait pas mieux ficelé que les fois précédentes. Mais il est passé… On a envie de dire à propos de Jean Puech, ancien ministre et ancien président du Conseil Général de l’Aveyron (qui n’est même pas originaire de la zone classée, puisqu’il est d’abord le maire de Rignac), qui en avait fait une affaire personnelle en prenant la tête de l’association AVECC : "Salut l’artiste !".
Sa stratégie s’est révélée payante : le dossier de candidature des Causses et des Cévennes a notamment apporté des réponses aux demandes exprimées par le Comité du Patrimoine Mondial, réuni à Séville en 2009, sur l’agropastoralisme, élément clef de la candidature. Cette stratégie s’est appuyée sur une mise en réseau internationale, en particulier par le colloque international tenu à Meyrueis en 2007 sur l’agropastoralisme méditerranéen, où les préoccupations patrimoniales étaient placées au premier plan de la réflexion, dans le prolongement de la première idée d’inscription qui avait germé du côté des instances aveyronnaises à la fin des années 1990 (bien après les dossiers déjà constitués du côté cévenol, qui eux mettaient l’accent sur la dimension identitaire et mémorielle…), celle concernant les sites templiers et hospitaliers du Larzac (comme le montre bien, dans le dossier, l’accent mis sur le rôle des ordres monastiques - bénédictins, cisterciens, templiers, hospitaliers) dans la construction du paysage rural…
Au final, qu’avons-nous : une inscription qui ne prend pas en compte un certain nombre de paramètres que nous pensions centraux, comme certains éléments des paysages naturels, mais surtout la dimension historique et identitaire, essentiellement liée à l’histoire religieuse, autour de la valeur centrale de résistance… Exit les cavités souterraines, les Huguenots du Désert, l’aménagement agraire des versants façonnés par le labeur séculaire des hommes, la châtaigneraie, et place à la brebis ! Une inscription qui, manifestement, penche plutôt du côté des Causses, au détriment des Cévennes… Les attributs matériels montrés en exemple sont essentiellement caussenards : la pelouse sèche, les dolines, les cazelles, les clapas, les lavognes, les jasses, les caves à fromage, les toits-citernes… Sont mis en exergue les grands paysages ouverts, autour des notions d’ampleur, de monumentalité. Certes est exprimée la conscience de différences au sein de la zone élue, mais son originalité, nous dit-on, est précisément la concentration sur un espace réduit d’éléments naturels habituellement dissociés : il y a là un phénomène dit de "compression écologique", au fondement d’une unité culturelle issue d’une histoire agro-pastorale inédite, aujourd’hui incarnée d’une part dans le patrimoine matériel et immatériel qui conserve la mémoire des grandes étapes de sa formation et d’autre part dans le modèle de développement dont elle s’est dotée depuis deux décennies pour en assurer la modernisation et le développement durable (un accent net est mis sur le dynamisme et le renouveau remarquables de l’activité agropastorale, ainsi que sur la labellisation des productions locales, comme le Roquefort…). Sur la carte de délimitation, on constate que la zone inscrite englobe les Hautes Cévennes et une large partie des Causses (excluant l’ouest du Larzac mais poussant un pseudopode vers la vallée du Cernon et Roquefort), alors que les serres cévenoles sont largement en dehors, ainsi que le Pays Viganais. Elles sont par contre intégrées dans la "zone tampon" incluant l’ensemble, avec cinq "villes portes" : Millau, Lodève, Ganges, Alès et Mende.
Il serait toutefois dommage de ne pas exprimer une certaine satisfaction ! J’ai la conscience d’exprimer une position personnelle de Caussenard…Pour la première fois, l’entité Causses et Cévennes, au fondement de la création de notre Club, titre de notre revue, va recevoir une consécration officielle… Cela peut revêtir, en termes d’image pour les Causses, une importance fondamentale. Aujourd’hui cette image s’est largement évanouie, perdue dans la masse des images distillées par les différentes entités administratives, que certains esprits locaux finissent par refléter. L’année dernière, j’apprenais dans Midi Libre qu’un Millavois s’était ému que le viaduc de Millau ne figurait pas dans le Guide Vert Michelin ! Vérification immédiatement faite dans le dit guide, je constatai qu’il figurait bien dans le volume Languedoc, le guide Michelin étant encore en 2010 pratiquement le seul (à la différence du Guide Bleu) à ne pas avoir succombé aux limites imposées des régions administratives et à avoir conservé une délimitation de régions touristiques cohérentes. Il suffit, hélas, de faire un tour à l’office du tourisme de Millau pour se rendre compte qu’on n’est plus à l’époque de la "capitale des Causses, canyons et cavernes" et de la "porte des Gorges du Tarn", celle où Paul Finiels dirigeait le syndicat d’initiative de Millau ! Toutes les attractions situées au-delà de la frontière départementale ou régionale ne sont plus mentionnées, alors qu’un dispositif audiovisuel imposant présente au contraire, figurés par des étoiles scintillantes, les "grands sites" de Midi-Pyrénées, même s’ils sont distants de plusieurs centaines de kilomètres… Il en est de même sur l’aire autoroutière du viaduc…
Un bien patrimonial international estampillé "Causses et Cévennes" va peut-être contribuer à venir à bout de cette déformation de l’espace et à promouvoir une image plus cohérente à destination des visiteurs… Ajoutons que l'attribution du label de l'Unesco sera un atout de plus pour les opposants à l'extraction du gaz de schiste ! Il me semble donc que, malgré les réserves que nous pouvons avoir face au justificatif de l’inscription, il vaut sans doute mieux pour notre Club qu’il accompagne le mouvement et qu’il ne joue pas la politique de la chaise vide, en exigeant d’être représenté au premier rang dans les structures de gestion du bien qui ne peuvent manquer d’être mises en place, un bien dont les limites, rappelons-le, correspondent largement à son aire traditionnelle de référence et d’intervention. Le débat, bien sûr, est ouvert… (Patrick Cabanel rappelle que le plus grand livre sur les Causses se nomme : Les Cévennes – œuvre de Martel !)
Rapport financier
Le trésorier-général, Olivier Gauch, signale la légère diminution des adhérents : il faudrait arrêter le phénomène.
Cette année ont été rattachés au compte général les soldes bancaires de toutes les sections qui n’avaient pas de juridiction personnelle. Le solde est positif. C’est un produit exceptionnel pour le Club Cévenol. Les réserves ont été identifiées section par section.
Il y a cependant cette année plus de dépenses que les autres années, le déficit étant de 3 000 euros, mais les réserves n’ont pas été utilisées. Le travail a été effectué avec le courant.
Olivier Gauch remercie son adjointe, Elisabeth Mercier-Salvador, pour son travail dans la récupération des cotisations – la trésorerie s’en trouve bien améliorée.
Dans l’assemblée, certains ont regretté que les comptes n’aient pas été présentés poste par poste avant le vote. Olivier Gauch dit les tenir à disposition de tout demandeur.
Rapport de la Commission d'Action
Rémi Noël, le nouveau président de la Commission d’Action, fait le point sur les deux réunions qui se sont tenues, à Lasalle sur la Charte du Parc, en cours de réalisation, et au Vigan sur l’exploitation du gaz de schiste. On peut consulter les numéros 1, 2 et 3.2011 de la revue pour lire les informations dans le détail.
Pour la Charte du Parc, il rappelle les origines de la naissance de la structure et signale le rôle initial de Martel qui avait émis, dans le cadre du Club Cévenol, en 1913, l’idée d’un Grand Parc National des Cévennes (regroupant les Causses).
Il insiste plus particulièrement sur la réunion au Vigan : le Club Cévenol ne veut pas de cette exploitation du gaz de schiste et de sa recherche par fracturation. Partisan des nouvelles énergies, comme tous les membres des différentes sections de l’association, il marque sa nette opposition aux compagnies très agressives. Pour Rémi Noël, le devenir des Cévennes repose plus sur des activités touristiques et humaines de développement durable que sur ce gaz de schiste.
Question du Rouve Bas. Plusieurs conditions sont posées à l’Association du Temple du Rouve-Bas : la commune doit s’engager résolument dans la restauration de l’édifice ; le dispositif d’information ne devra pas nécessiter de surveillance permanente ; le temple devra rester ouvert chaque jour (en saison touristique, pour le moins) ; et, pour finir, le contenu de l’exposition sera défini en liaison avec le Parc National et les partenaires concernés par les lieux de mémoire. Cette clause est d’importance. "Suite à nos échanges, il faudra nous rencontrer pour discuter des conditions mises par le Club Cévenol pour soutenir le projet. Mais elles ne semblent pas encore remplies pour envisager l’octroi d’une aide".
Pour terminer, Rémi Noël remercie les membres des sections de Lasalle et du Vigan qui ont organisé ces réunions. Ils ont largement contribué au succès de ces deux Commissions d’Action.
Rapport de la revue
Pat Valette présente les prochains numéros de la revue Causses et Cévennes prévus pour 2012.
Le n° 1 sera consacré aux nouveaux agriculteurs sur les Causses et en Cévennes. Les architectes en sont Philippe Chambon et Pierre Valette.
Olivier Brès (absent au congrès de Barre mais excusé) a accepté de s’occuper du n° 2 sur Mazamet, lieu du congrès l’année prochaine.
Le n° 3.2012 aura pour sujet les gravures rupestres. Son architecte sera Rémi Azemar, professeur d’histoire et archéologue.
Le n° 4, en plus du compte rendu du congrès de Mazamet, portera sur l’impact du label du Patrimoine Mondial sur l’accueil des visiteurs.
Renouvellement d'un tiers des membres du Conseil d'Administration (1)
L’assemblée vote à l’unanimité l’élection au Conseil d'Administration de trois nouveaux membres : Gérard Dupuis, président de la section d’Anduze ; Gilles Patrice, secrétaire de la Commission d’Action ; Olivier Brès.
Vote des rapports moral et financier :
à l’unanimité sauf une abstention.
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1 Les membres du Conseil d’Administration qui ont été "renouvelés" à l’Assemblée Générale de Barre-des-Cevennes le 27 août 2011 sont :
Daniel Travier,
Jean-Luc Bonniol,
Christian Rebotier,
Pierre Clément,
Robert Chalavet,
Pat Valette,
Maurice Massal,
Jean Sicard,
Denis Montet.
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| Dimanche : sur le chemin des premiers camisards.
Photo Pierre Valette |
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Débat
Claude Milan, chargé de la coordination avec les sections, propose aux responsables de les aider à alléger leur travail sur le plan administratif. Il pense qu’ils doivent pouvoir concentrer leur travail essentiellement sur les animations.
Christian Rebotier demande quel sera le prochain sujet
de la Commission d’Action. Rémi Noël demande aux participants de proposer un sujet. Un thème suggéré :
la valorisation du patrimoine culturel.(2)
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2 La prochaine Commission d’Action aura lieu à Florac le dimanche 27 novembre 2011
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Daniel Travier explique le rôle du Parc National des Cévennes dans la publication de la brochure Les chemins de la liberté. Il a assuré la coordination et une grand part du financement, mis en relation les personnes, les auteurs et les personnes-ressources. Mais le maître d’ouvrage reste la Communauté des Communes Des Cévennes au Mont Lozère, qui avait délégation des 4 autres concernés. On peut se procurer l’ouvrage au Parc, dans les offices de tourisme et auprès de la Communauté de Communes Des Cévennes au Mont Lozère. Daniel Travier adresse ses remerciements à Odile Rival et à Henry Mouysset.
Se référant au rapport moral, Daniel Travier ne partage pas le point de vue de Jean-Luc Bonniol relatif à l’historique de l’inscription au Patrimoine Mondial. Par ailleurs, conscient qu’à toute chose malheur est bon, il pense que, eu égard à l’inscription au motif de l’agro-pastoralisme, qu’il faut en saisir l’opportunité pour soutenir l’élevage cévenol, ovin et caprin (soutien de la transhumance, conditions d’installation, mesures de la PAC – Politique Agricole Commune), trouver les moyens pour maintenir ouvert les espaces de parcours et intégrer à ces espaces la châtaigneraie cévenole, sauvegarder les drailles et tout le patrimoine naturel et culturel lié à l’agro-pastoralisme.
En ce qui concerne le temple du Rouve-Bas, Daniel Travier se dit peu, voire pas favorable à cette demande de soutien moral du Club Cévenol : il estime que le projet a besoin d’être mieux élaboré. D’autre part, il est contre la multiplication de ce type de lieux de mémoire.
Une personne dans l’assistance signale les problèmes de livraison des revues par la poste.
M. Poudevigne, trésorier de l’association du C.F.D. (Chemin de Fer Départemental), qui compte 60 membres, présente leur objectif : soutenir le projet de la Voie Verte entre Florac et Sainte-Cécile-d’Andorge et faire vivre le patrimoine alentour.
Création d’un lieu de mémoire, camisard et maquisard (ancien camp du maquis), à Champdomergue. On compte sur la notoriété du Club Cévenol pour faire avancer le projet.
Jean-René Arnal signale l’effacement, à Florac, des accents sur la plaque en mémoire de son ancêtre, Paul Arnal.
Pour terminer, Patrick Cabanel invite les membres des sections du Club Cévenol présents à venir l’année prochaine à Mazamet, "un équivalent d’Alès dans le département du Tarn, en quelque sorte", faisant référence à l’industrie locale et aux protestants (Ferrières, non loin de Mazamet, est le siège d’un ambitieux et tout neuf musée du protestantisme, installé dans des locaux construits spécialement ; les congressistes pourront participer à une visite guidée du Musée, avec son conservateur, Patrick Cabanel…).
Et le président de conclure sur ces mots : "Fidélité et audace, mémoire et invention", pour qualifier les travaux et l’activité du Club Cévenol.
Après l’apéritif offert par la Municipalité et le repas pris aux deux restaurants de Barre, les participants visitèrent le bourg sous la conduite de François Rouveyrol. Ce dernier présenta les projets de rénovation et les différents aménagements prévus pour les années à venir.
Après avoir visité l’exposition dédiée à Ernst Friedrich, pacifiste militant anti-fasciste et résistant, les plus courageux traversèrent de part en part le Castellas, la colline qui domine et protège le village au nord et sert de frontière entre les versants méditerranéen et atlantique.
Vers 18h, Sandy Tournier, de la Compagnie Eloquentia de Montpellier, lut des extraits du Journal d’Hélène Berr (l’autre Anne Frank), accompagnée à l’accordéon par Gabrielle Compan.
Rappelons qu’Hélène Berr, jeune juive de Paris, fut déportée le jour de ses 23 ans et est morte un an plus tard à Bergen-Belsen, atteinte de typhus et battue à mort.
| Pierre Valette et Gilles Patrice |
Dimanche 28 août
Le lendemain de l’Assemblée Générale, vingt-huit personnes, dont quelques-unes n’étaient pas membres du Club Cévenol, quittèrent Barre des Cévennes vers 10 heures sous la houlette de l’historien Henry Mouysset, assisté de Marceau Jouve, des Bouers.
La randonnée d’une dizaine de kilomètres suivit l’itinéraire emprunté par les premiers Camisards le 22 juillet 1702, en direction de Saint-Julien-d’Arpaon, puis du Pont-de-Montvert.
La bâtisse qui aurait
servi
de cadre au
roman
de Jean Carrière,
L’Epervier de Maheux.
Photo Claude Milan
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Nos randonneurs, sous le chaud soleil du mois d’août, s’arrêtèrent plusieurs fois pour écouter les commentaires, toujours très riches en détails, d’Henry Mouysset, auteur de l’ouvrage sur Les Premiers Camisards, qui vient d’être réédité et complété, et co-auteur du petit livret Au pays des premiers camisards. Les chemins de la liberté.
Après avoir franchi le ruisseau Le Briançon, le groupe passa au hameau du Bosc, où une plaque rappelle le lieu de naissance du chef camisard Antoine Atger. Et comme le dit le livret, il est probable que, le 22 juillet, "les Couderc, Séguier, Mazel et Rampon se soient réunis dans la maison Atger pour y préparer, en toute tranquillité, l’opération de libération des prisonniers détenus au Pont-de-Montvert". De là, les participants allèrent à Aubaret (peut-être l’endroit où Jean Carrière situa le lieu de son ouvrage L’Epervier de Maheux – à moins qu’il ne s’agisse du Masel de Mort, où m’avait emmené le regretté Numa Bastide, historien de la Vallée Française, il y a une trentaine d’années), puis revinrent sur leurs pas pour se diriger vers Balazuègnes, le long d’un sentier très escarpé, dominant toute la région. Ce fut enfin la descente sur Saint-Julien-d’Arpaon, d’où un car ramena les randonneurs à leurs voitures à Barre-des-Cévennes.
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