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| Compte-rendu de la Commission d'Action |
| Thème : Le pélardon dans la région de Monoblet |
La réunion de la Commission d’Action de printemps s’est tenue dimanche 24 mai dans le temple de Monoblet, en présence d’une soixantaine de personnes provenant, comme d’habitude, des plusieurs sections.
Les différents participants qui ont pris part à la matinée de travail ont montré dans leurs différentes interventions qu’ils étaient en accord avec les statuts défendus par l’association centenaire : sauvegarder le patrimoine naturel et culturel des Cévennes et des Causses et encourager toutes les initiatives orientées vers le maintien et la création d’activités. |
| En effet, il fut question de problèmes liés à notre environnement et à la protection de notre patrimoine cévenol et caussenard (projet d’enfouissement des ordures ménagères à Saint-Julien de la Nef ; protection dans son cadre naturel d’une chapelle romane sur le Causse Méjean ; classement au patrimoine de l’UNESCO de la région cévenole et caussenarde ; exploitations d’éleveurs liées à la production du pélardon…) |

photo G. Dupuis |
Présentation de la commune
M. Philippe Castanon, maire de Monoblet, souhaita la bienvenue aux participants et présenta sa commune "à l’ombre des remarquables jumelles, Roquette et Saint-Chamand, d’un côté sur le calcaire des Causses, avec la vigne et l’olivier, au sud du territoire ; de l’autre sur le granit de la Cévenne, dans le vallon de Valestalière, en direction de Colognac, à l’étage du châtaignier".
Monoblet est une commune de 22 km2 et compte 650 habitants. Rattachée au canton de Lasalle, elle penche sur le bassin de Saint-Hippolyte du Fort. Siège du renouveau de la sériciculture française, elle possède dans les ateliers de Gréfeuilhe la dernière filature de soie française. Monoblet a été la terre d’asile de Fernand Deligny, reconnu pour son important travail sur l’autisme…
La commune a une vie riche avec une école de quatre classes, une école de musique, un club de football, qui joue sur la plus haute marche départementale. Quant au rôle du conseil municipal, il est de "soutenir et d’accompagner les associations au travers de leurs actions et de contrôler le développement urbanistique". Il est conscient de la "pression foncière des agglomérations" départementales ou régionales.
Monoblet est aussi une des premières communes à avoir inauguré sa maison médicale, avec un médecin, un cabinet d’infirmières et un ostéopathe : "avec la ferme volonté de voir nos aînés demeurer le plus longtemps possible dans leur maison" a déclaré M. le Maire.
Et M. Castanon d’ajouter : "C’est notre challenge ; se développer sans se défigurer. Savoir utiliser cet atout, cette force sans perdre nos spécificités, notre caractère. Savoir accueillir ces nouvelles populations et maîtriser leur intégration dans la vie locale. Veiller à l’équilibre du territoire au respect des paysages. 'En Cévennes, on n’est jamais devenu riche, mais on n’est jamais mort de faim' ; me répétait ma grand’mère, bergère à Soudorgues. A l’heure où les ceps de vigne ont leurs racines à l’air, au travers de l’agriculture biologique, notre agriculture cévenole, sur un petit parcellaire avec une terre saine et peu polluée, se doit de rebondir. Il y a là une belle carte à jouer pour notre secteur".
Au nom du conseil presbytéral, M. Michel Malbrel présenta le temple dans lequel eut lieu la réunion. Il est de plan octogonal et remarquable par sa charpente, son acoustique et sa luminosité. Il succéda au premier temple, situé alors au centre du village, non loin de l’église catholique d’aujourd’hui.
Le temple actuel fait partie de ces bâtiments religieux reconstruits dans la seconde partie du XIXe siècle sur un plan rectangulaire, pour la plupart. Construit en 1845, c’est un temple ouvert, un édifice religieux et de rencontres, un lieu de culture qui accueille des expositions et des concerts. Vingt-deux expositions y ont été accueillies en 2008 et de nombreuses y auront lieu cette année. |
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de gauche à droite :
Pierre Rousset,
Dominique Morand,
Christian Rebotier,
Philippe Castanon,
Gérard Dupuis,
Madeleine Vitry-Martin
et Pat Valette
photo Pierre Valette |
Examen des voeux des Sections
Le président de la Commission d’Action, Christian Rebotier, passa ensuite au traditionnel examen des vœux, qui occupa une importante partie de la matinée.
Il signala la réalisation du vœu n° 9 qu’avait émis la section de Saint-Etienne-Vallée-Française, à Florac, en 2005 : une stèle pour honorer la mémoire des maquisards de La Picharlerie. Le 8 mai 2009, Mme la Sous-Préfète de la Lozère, Françoise Debaisieux, a inauguré le dispositif de signalisation de la mémoire de l’école-maquis de La Picharlerie en présence du Président de la Communauté de Communes de la Cévenne des Hauts Gardons et du Président de la Communauté de Communes de la Vallée Longue et du Calbertois, ainsi que de nombreux maires et associations de résistants et du Club Cévenol.
En plus de la stèle, ce dispositif comprend 21 balises de randonnées, 17 panneaux historiques, 3 panneaux routiers et une table d’orientation.
Le président de la Commission d’Action a ensuite donné la parole à Pierre Rousset, président de l’Association de Sauvegarde de la Vallée de l’Hérault (ASSAUVALH) pour nous présenter ce projet d’enfouissement des ordures ménagères à Saint-Julien-de-la-Nef et dont le devoir fut de nous informer sur "le très grand danger qui nous menace, un certain nombre de malfaisants songeant à défigurer nos Cévennes en y installant une méga décharge" à Ferrussac, entre Ganges et Le Vigan.
En effet, la Société Nicolin projette d’installer un centre technique d’enfouissement d’ordures ménagères destiné à recevoir 100 000 tonnes de déchets par an, en provenance d’une centaine de communes du Gard et de l’Hérault.
M. Rousset explique que les touristes et les amoureux des Cévennes pourraient admirer, en montant à l’Aigoual, une excroissance fumante de plusieurs centaines de mètres de long sur quarante mètres de hauteur. "Je ne vais pas gâcher votre matinée en vous parlant des insectes, des rongeurs, des risques de maladie et des odeurs, mais je vous laisse deviner ce qu’il en adviendrait au moment de nos abondantes pluies d’équinoxe. Dans cette hypothèse, allons-nous prendre le risque de laisser les habitants des communes en aval boire l’eau polluée du fleuve Hérault ?".
Depuis une réunion publique en mairie de Saint-Julien, le 23 février, la population n’a cessé de se mobiliser. Le 16 mars, le Conseil municipal prenait une délibération s’opposant à ce projet. La population de Saint-Julien-de-la-Nef et des communes environnantes, en relançant leur association de sauvegarde, a clairement dit NON à ce projet. Et le président d’ASSAUVALH d’ajouter : "Qu’on ne s’y méprenne pas, les membres de notre association ne sont pas des irresponsables et sont conscients de l’importance du traitement des déchets dans nos sociétés modernes. Par contre, tous les Cévenols connaissent la puissance et l’intensité des pluies d’équinoxe. Peut-on penser que ces "jus" de fermentation ne seront pas emportés par les pluies jusqu’au fleuve Hérault, situé à quelques dizaines de mètres plus bas ?… on sait que de nombreuses communes en aval pompent dans le fleuve leur eau potable".
On sait que l’ASSAUVALH a lancé un certain nombre d’actions dans de nombreuses directions : information des populations avoisinantes, contact avec les médias, visites aux treize maires de la Communauté de Communes de Ganges, contacts avec les personnalités de l’arrondissement, du département… "Je ne vous cache pas que dans 95 % des cas, l’accueil fut favorable, sinon chaleureux… Restons mobilisés… Agissons comme un comité de vigilance de la Vallée de l’Hérault en assurant une protection permanente" déclara le président Rousset.
Et il ajouta, pour terminer sa présentation : "La commune de Saint-Julien-de-la-Nef est située dans le périmètre du dossier de candidature relatif aux Causses et aux Cévennes déposé par l’Etat français auprès de l’UNESCO. Allons-nous laisser passer cette chance ? Le Club Cévenol représente en Cévennes une force morale de premier plan… son aide nous serait précieuse dans le combat que nous menons pour notre identité cévenole, le développement économique et l’avenir de nos enfants".
A son tour, le maire de Saint-Julien-de-la-Nef, Lucas Faidherbe, prit la parole. Solidaire de l’association, son intervention fut moins passionnée et sa démarche plus nuancée. Il présenta le site et le problème soulevé par le dépôt de milliers de tonnes de déchets qu’avait permis l’ancien propriétaire pendant des décennies. Il souligna notamment le problème des tonnes de pneus qui s’y trouvent, "un risque d’incendie immédiat sur le secteur" et mit l’accent sur celui, potentiel, de la pollution de l’eau : il faut s’assurer que la nappe phréatique ne soit pas atteinte et si c’est le cas, comment on pourrait traiter l’eau. Les sous-préfets qui se sont succédé au Vigan ont essayé vainement de régler ce problème délicat. M. le Maire, conscient de l’importance du dossier pour sa petite commune, se montra confiant dans les services de l’Etat.
M. Rousset répondit aux questions soulevées par Pierre Gaubiac et Robert Chalavet. Il fit référence aux problèmes de l’enfouissement de déchets dans la localité héraultaise de Saint-Pons de Thomières et le cas de l’étang de Bages. Il déclara : "On fait notre devoir, c’est un travail de citoyen et de vigilance".
Quant aux solutions proposées, "elles sont similaires avec les autres associations de défense ; tout n’est qu’adaptation à l’endroit où l’on se trouve… En vendant à Nicolin, la vallée vend son âme au Diable ! La dépollution du site interviendra. Elle a pris des pas de géant en quatre mois. Pendant vingt-cinq, ans rien n’a été fait et la propriétaire veut rester sur le site pollué sur deux hectares. L’ASSAUVALH, en tant que comité de vigilance, veut servir d’exemple. Et nos enfants continueront."
L’autre vœu (n° 26) fut présenté par M. Dominique Morand, de l’Association des Amis de Saint-Pierre, relatif à la protection du cadre naturel de la chapelle romane à Saint-Pierre-les-Tripiers, en Lozère, sur le Causse Méjean.
La municipalité locale souhaite construire deux gîtes et une salle d’animation à trente mètres de l’église romane, laquelle est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, et du prieuré du XIIe siècle. Soit un bâtiment d’une surface de 235 mètres carrés.
L’association de défense du patrimoine s’y oppose d’autant plus que la construction utilisera des matériaux en totale opposition de l’existant : un toit en schiste dans une localité où toutes les autres couvertures sont en lauzes calcaires, un paysage qui sera défiguré ! Et de plus, sur trois façades, sera appliqué un enduit moderne monocouche. Seule la quatrième face sera en pierre éclatée, bien différente des matériaux coutumiers. Une partie des menuiseries sera en alu !
Devant les nombreux refus de dialogue et l’obstination du maire, un résident a proposé un terrain légèrement excentré au village (à deux cents mètres). L’association, qui a fait un travail médiatique important pour s’opposer au début des travaux, souhaite le transfert de ce projet.
Le Club Cévenol a été sollicité par les membres de l’association exaspérés par le refus de l’élu local. Le président de la Commission d’Action envisage de rencontrer celui-ci au mois de juin.
Le 22 avril 2009, l’association a engagé une procédure judiciaire au Tribunal de Nîmes. On attend le délibéré substantif des travaux et la réponse du référé.
Parmi les autres vœux des sections, signalons celui émanant de celle de la Vallée Longue/Collet-de-Dèze qui concerne la création d’une zone artisanale avec implantation d’une unité de criblage et concassage de matériaux routiers et une unité d’enrobée. D’où souci des membres de la section, car cette unité sera forcément polluante et bruyante.
En ce qui concerne le classement des Cévennes et des Causses au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, le 26 mars 2009, Saint-Eulalie-de-Cernon a reçu la visite d’Hubert Falco, Secrétaire d’Etat chargé de l’aménagement du territoire. Il était l’invité de Jean Puech, Président de l’Association de Valorisation de l’Espace Causses et Cévennes (A.V.R.C.C.). Hubert Falco a confirmé que l’Etat a sélectionné ce projet pour le présenter à la Commission de l’UNESCO, qui doit se réunir fin juin 2009 à Séville, en Espagne.
L'élevage des chèvres, pélardon label AOC
Le président Christian Rebotier a ensuite donné la parole à M. Bruno Rivollier, Président de la Fédération Gardoise des Eleveurs de Chèvres (F.N.E.C.).

Bruno Rivollier -
photo Gérard Dupuis |
Ce dernier a présenté le périmètre important de l’activité de l’élevage des chèvres, qui déborde largement sur d’autres départements : Ardèche, Hérault et Lozère. Cet élevage est très ancien, "la chèvre étant la vache du pauvre". Il a sa raison d’être dans les bois et les garrigues. "La chèvre fut toujours considérée comme le complément du berger, gardien de moutons. Son élevage a fortement marqué la région cévenole et a imprégné la population" a déclaré Bruno Rivollier, qui possède un troupeau de 50 chèvres et qui est originaire de Saint-Chamond, dans la Loire. |
Après 1968, il y a eu une forte immigration dans les Cévennes et si, par la suite, beaucoup sont repartis, certains ont pris racine et sont restés. Ce sont les néo-ruraux ou Néo-Cévenols. Ces personnes se sont installées et ont élaboré un produit de qualité, qui a eu du succès.
"Dans nos régions difficiles, la valorisation du produit reste une activité principale. Il faut un produit de qualité pour avoir une clientèle qui nous fasse confiance" a souligné M. Rivollier.
Pour protéger le pélardon et en faire un produit de qualité, et non pas une pseudo-appellation Cévennes, les éleveurs locaux ont opté avec beaucoup d’énergie pour l’AOC depuis l’an 2000.
Bruno Rivollier a mis l’accent sur le respect du cahier des charges : pas d’élevage en stabulation mais à l’air libre, avec pâturage à l’extérieur ; affinage obligatoire d’au moins onze jours, le pélardon ne pouvant bénéficier du label AOC avant ce délai.
"Nous avons le soutien des pouvoirs publics. Si nous n’avions pas l’appellation AOC, nous serions fondus dans le fromage de chèvre en général. Il faut avoir une sécurisation en termes de valorisation et de qualité. Avec l’AOC, on survivra" a-t-il déclaré et il ajouta : "élever des chèvres dans un département viticole n’est pas facile. Il est difficile de se faire reconnaître et l’AOC nous aide. Notre atout très fort est que la filière intéresse la jeune génération ; c’est porteur d’avenir, bien qu’il leur soit difficile de s’installer à cause du terrain très cher. Il faut faire comprendre aux propriétaires actuels de concéder leur terrain – c’est le problème du développement durable".
Un débat animé s’instaura entre les participants et Bruno Rivollier. On apprit que le troupeau moyen était de 70 chèvres et que le picodon était le fromage de chèvre de l’Ardèche et de la Drome, qu’il était plus petit et avait un affinage différent et que c’était un fromage fort et sec. On parla des différentes races de chèvres (4 standardisées). La quantité de lait est de 600 kg par an et par chèvre et avec 100 litres de lait on fait 200 pélardons.
"Nous aidons les nouveaux éleveurs à l’installation. Nous ne pouvons les aider que moralement. Les aides proviennent de l’Etat, et les Chambres d’Agriculture leur apportent une assistance technique. Les syndicats et la Fédération leur apportent leur expérience et leurs conseils ou les parrainent."
L’association Terres de Liens a créé une banque foncière, qui permet de promouvoir l’installation des jeunes agriculteurs.
Il fut aussi question du statut de bail à terme. L’éleveur a montré que le pélardon fait partie lui aussi du patrimoine de notre région cévenole et qu’il fournit, grâce à son appellation, témoin de sa qualité, un moyen de vivre et de travailler au pays. |
Après le repas servi par le traiteur Fabaron de Lasalle, dans la cantine de l’école communale de Monoblet, en présence de M. le Maire et des ses deux adjointes, les participants visitèrent l’exploitation d’Anabelle Dubart, jeune femme belge installée depuis deux ans à Monoblet. Cette dernière, qui a un troupeau de quarante chèvres, a passé son diplôme après un an d’études au Lycée Agricole de Rodilhan.
Eleveur caprin, elle nous fit visiter son exploitation, sa salle de traite et d’affinage. On put même goûter et acheter quelques fromages produits sur place. |
Annabelle Dubart explique le trait des chèvres
photo Pierre Valette |

photo Pierre Valette |
| La date et le lieu de la réunion de la Commission d’Action d’automne n’ont pas été communiqués |
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