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Commission d'Action

Compte-rendu de la Commission d'Action
28 octobre 2007
Uzès
Thème : A la découverte du "diamant noir"

Environ quatre-vingt dix personnes ont assisté, le 28 octobre 2007, à la réunion de la Commission d’Action d’automne du Club Cévenol présidée, dans le Salon Racine de la Mairie d’Uzès, par Christian Rebotier.
Ce dernier, après avoir remercié Mlle Catherine Muller, présidente de la section locale du Club Cévenol, pour son travail efficace dans l’organisation de cette réunion, et Mme Renée Fabre, Adjointe à la Culture de la municipalité, pour sa réception de bienvenue, donna la parole à Mme Doumens, Présidente de l’Office de Tourisme.
château d'Assas, Le Vigan
Yvette Doumens, Christian Rebotier, Catherine Muller - photo Pierre Valette

Mme Doumens présenta sa ville et les nombreux travaux de sauvegarde et de restauration des bâtiments. Elle rendit hommage aux personnes, souvent venues de l’extérieur, qui ont aidé à ce renouveau de la ville et qui "font le ciment neuf du XXIe siècle". Il était nécessaire de "revivre après un certain endormissement. Les nouveaux arrivants ont été discrets et se sont adaptés à nous, apportant leurs traditions et leur savoir-faire".
Les chiffres sont éloquents : si en 1955, il y avait 3 agences immobilières, il y en a 23 aujourd’hui. Même chose pour les restaurants, leur nombre est passé de 3 à 51 et celui des hôtels de 2 à 12 ! Et elle ajouta : "Nous veillons au grain… Le tourisme, c’est de l’économie… Uzès est une ville entière, complète, autonome où il fait bon vivre".

Dominique Dailcroix, Catherine Muller
Dominique Dailcroix et Catherine Muller
photo Pierre Valette


Une nouvelle présidente

A sa demande, Mlle Muller, qui a été présidente de la section d’Uzès pendant vingt ans, quitte ses fonctions. Elle est remplacée par Mme Dominique Dailcroix, qui fut secrétaire adjointe de la section parisienne du Club Cévenol. Installée à Uzès depuis trois ans et de souche gardoise, elle s’occupe d’une association locale d’histoire et organise des randonnées à la découverte du patrimoine de pays. Christian Rebotier remercia la présidente sortante pour son travail au service de l’association et la nouvelle présidente d’avoir accepté de diriger la section locale, qui possède actuellement une vingtaine de membres.
Examen des voeux

Au cours de la présentation des vœux provenant des différentes sections du Club, Christian Rebotier insista tout particulièrement sur celui concernant la plaque de La Picharlerie.
De nombreuses réunions ont eu lieu après le rasement du bâtiment sur une décision de justice. Au cours de la réunion du 12 octobre 2007, à Mende, dix-sept lieux de mémoires ont été répertoriés, dont celui de La Picharlerie. Le 18 octobre, une réunion a eu lieu à Florac pour étudier la localisation des différentes plaques et le coût de l’opération, qui passerait de 15 à 25 000 euros pour la totalité. Une question importante : qui va être le maître d’œuvre et d’ouvrage des opérations ?
Un débat, parfois houleux et enflammé, s’engagea entre quelques participants.

Ont été aussi évoqués les problèmes de liaison et de circulation entre Anduze et Alès et entre Boisset-Gaujac et La Madeleine, ainsi que l’ouverture des temples dans la Cévenne lozérienne.
D’autre part, en ce qui concerne la mise en place des chemins camisards, une réunion du Comité de Pilotage était prévue à Florac, le 19 novembre 2007. Une brochure sera réalisée pour l’été 2008.

Rien de nouveau par rapport au classement des Cévennes et des Causses au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Le projet suit son cours.

Enfin, les Cévenols sont consternés : le mot "pélardon" n’est toujours pas dans l’édition 2008 des dictionnaires Larousse et Le Petit Robert. Le président Christian Rebotier a envoyé un nouveau courrier aux directeurs des éditoriaux, au début du mois d’octobre.
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A la découverte du diamant noir

Le plat de résistance de la réunion fut la très intéressante conférence présentée par M. Jean Demerson, mycologue averti et conseiller scientifique de la Fédération Régionale de Trufficulteurs du Languedoc-Roussillon, sur la truffe, champignon mystérieux et mythique surnommé "le diamant noir".
Il rappela les origines de ce champignon très prisé par les gastronomes depuis les Sumériens et les Grecs, qui fut par la suite oublié au cours du Moyen Age avant de devenir le diamant noir de la cuisine française à la Renaissance.
Il rappela les régions d’Europe où se trouve le mélanos (tuber melanosporum), ou truffe européenne, dans des zones calcaires.
"Il y a truffe et truffe, la mélanos étant la plus suave [...]. Notre truffe est exportée dans le monde entier, car elle est très prisée par tous les connaisseurs et gastronomes. La demande est très supérieure à l’offre".
Il présenta les différentes espèces : truffe blanche, truffe chinoise (qui n’a aucun goût) ou celle du Piémont, quatre fois plus chère que le mélanos.
Il insista ensuite sur sa culture, liée à un arbre (chêne, noisetier : en tout, une quarantaine d’arbres différents), au sol calcaire et poreux, au climat méditerranéen avec orages, mais sans gel, et évoqua les menaces de sa production : l’évolution du climat, la sécheresse, la prolifération des sangliers (les dégâts sont considérables, selon M. Demerson), les braconniers et les vols…
Jean Demerson
Jean Demerson - photo Pierre Valette

Il parla aussi de la mouche à truffe, qui pond ses œufs au-dessus de la truffe et qu’on ne voit que lorsqu’elle s’envole. Beaucoup d’habileté est demandée pour la repérer.
Signalons que la période d’ouverture va du 15 novembre au 15 mars. Dans notre région, les aides des pouvoirs publics sont nombreuses. Des primes sont versées à la surface plantée.

Après l’apéritif offert par la Municipalité et le repas pris dans un restaurant dans les alentours de la ville, les participants de la réunion de la Commission d’Action visitèrent Uzès sous la conduite de M. Pierre Pelissero.

Texte et photos Pierre Valette
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La visite d'Uzès

Nous retrouvons Pierre Pelissero sur la terrasse Racine dominant la vallée de l’Eure et, avant toutes choses, lui présentons nos excuses pour notre arrivée tardive.
Le beau temps étant de la partie, nous découvrons un magnifique panorama de la ville d’Uzès, de la garrigue et des bois qui l’entourent.
Devant nous, s’étend la vallée de l’Eure, point de départ de l’aqueduc romain – d’une longueur de 50 km – qui alimentait la ville de Nîmes en eau en provenance de la source pérenne de l’Eure et dont l’ouvrage le plus connu est le Pont du Gard. Puis, tournant le dos à cette vallée, nous pouvons contempler les principaux monuments de la cité, de la Cathédrale Saint-Théodorit à l’Eglise Saint-Etienne, en passant par la Tour du Duché, la Tour de l’Evêque et celle du Roi.

Avant de pénétrer dans la cathédrale, nous nous arrêtons un instant au pied de la Tour Fénestrelle, œuvre de l’école lombardo-romane construite au début du XIIe siècle sur un soubassement carré ; unique spécimen en France de campanile rond, elle se compose de six étages de fenêtres géminées en retraits successifs sur une hauteur de 42 m.

La Cathédrale Saint-Théodorit fut construite à partir de 1090 sur l’emplacement d’un temple roman, et le premier édifice de style roman portait l’empreinte de l’influence de Cluny. Détruite en partie en 1177, elle fut reconstruite au XIIIe siècle avant d’être une nouvelle fois détruite en 1563 (seul le campanile échappa à la destruction) et reconstruite entre 1642 et 1663. L’intérieur de style de l’ordre toscan est remarquable par ses tribunes et galeries ornées de grilles de fer forgé. L’édifice renferme, entre autres,de grandes orgues installées entre 1660 et 1685, avec un buffet en bois sculpté de couleur gris et or et encadré de volets peints qui se rabattent sur les tuyaux. Elles ont été restaurées en 1964 par Alfred Kern, maître facteur de Strasbourg. Pierre Pelissero en est actuellement l’organiste titulaire.
Attenant à la cathédrale, l’ancien Evêché abrite actuellement, derrière sa façade classique et sobre, le musée historique Georges Borias, les archives municipales, le tribunal d’instance…

Après une halte devant l’Hôtel de Castille, dont la façade est ornée de balcons à balustres en poire soutenus par des colonnes nombreuses et colossales, nous cheminons dans la cité médiévale où les demeures nobles et bourgeoises, souvent constituées de plusieurs habitations regroupées autour d’un escalier monumental, se succèdent. Nous pouvons ainsi admirer les Hôtels Barlatier (ou de la Monnaie), avec ses deux fenêtres croisées, et Chambon la Tour, qui regroupe trois maisons sur quatre niveaux puis, plus loin la Maison de Brueys, dans laquelle est né François Paul de Brueys, vice-amiral de Bonaparte, mort à la bataille navale d’Aboukir en 1798.

Nous arrivons maintenant sur la Place du Duché. Celui-ci est, en fait, une partie de ce que fut probablement le castrum du XIe siècle qui englobait également la Tour de l’Evêque et celle du Roi. La Tour du Duché, appelée Tour Bermonde du nom du petit-fils d’Elzéar, seigneur d’Uzès de 1088 à 1125, est une des plus grandes tours du Languedoc. A la fin du XVIe siècle, Antoine de Crussol, vicomte et bientôt duc, fit appliquer sur le bâtiment central, datant du XIVe siècle, une façade dont le décor Renaissance semble s’inspirer des dessins de Serlio, architecte italien que François Ier avait invité à Fontainbleau. Aujourd’hui encore, le Duché est toujours propriété des Crussol.

Nous nous trouvons à présent sur une place autrefois appelée Place du Marché des Cercles (car c’est là que s’installaient les artisans qui fabriquaient et cerclaient les tonneaux avec du bois de châtaignier) et qui porte le nom d’un maire d’Uzès, M. de Dampmartin, assassiné en 1852 alors qu’il sortait de son hôtel particulier.
Par un porche voûté, nous accédons à la cour de l’Hôtel Cabot de Dampmartin, au remarquable décor Renaissance, où s’ouvre un vaste escalier sur arcs rampants et clefs pendantes. Au dernier étage, le plafond peint, représentant les quatre points cardinaux, était muni d’une girouette intérieure.
Notre visite se termine par la description de l’Hôtel de Gondin, maison dont l’existence est attestée au XVIe siècle (entre autres, Thomas Platter fait souvent référence à cette famille lors de son voyage en Uzège) et qui semble venir tout droit de Florence. Sous les arceaux en arc brisé, deux belles clefs rondes sculptées représentent, l’une un chêne, l’autre un agneau.

La nuit est presque tombée – nous venons de passer à l’heure d’hiver – et ce tour de ville prend déjà fin. Il reste cependant beaucoup d’autres belles demeures à découvrir et ce sera peut-être l’occasion d’une prochaine manifestation du Club Cévenol..

Dominique Dailcroix



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